Des bruits faisant état d’une tentative de coup d’État ont agité la RDC le weekend du 05 au 06 février 2022. Félix Tshisekedi était à Addis Abeba pour la remise et reprise avec le président sénégalais Macky Sall qui lui a succédé au poste de président de l’Union africaine. A Kinshasa, les partisans de Tshisekedi et militants du parti au pouvoir sont descendus dans la rue, érigeant des barricades pour protester contre toute tentative de coup d’État.

Les réseaux sociaux congolais s’enflamment : les uns parlent d’un montage de mauvais goût pour distraire ; les autres espèrent même que cette tentative de coup d’État réussisse. En exil où il vit depuis l’année dernière, Kikaya Bin Karubi, un proche de l’ancien président Joseph Kabila, a tweeté en disant que « la RDC ne fera pas exception à la vague des coups d’État » en Afrique. Un tweet qu’il a fini par supprimer. De quoi soupçonner l’entourage de l’ancien président Kabila d’être dans le complot.

Arrestation du chargé de sécurité de Félix Tshisekedi

Dans la foulée, le conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité, François Beya, est arrêté par l’Agence nationale des renseignements (ANR). Les médias le présentent comme le cerveau, mieux,  l’auteur compositeur de la tentative de coup d’État. Pendant ce temps, le chef de l’État Félix Tshisekedi qui était à Addis Abeba est rentré précipitamment à Kinshasa.

Son porte-parole, Kasongo Mwema Yamba Y’amba, s’exprimant au journal de 20h locales à la télévision nationale, parle de l’arrestation de François Beya en ces termes : « L’enquête est en cours, mais il existe des indices sérieux attestant d’agissements contre la sécurité nationale… » Et il prend soin de préciser que la situation est sous contrôle.

Des sénateurs impliqués ?

Plusieurs noms de membres du Sénat sont cités dans ce présumé complot visant à déstabiliser le pays. Certains médias ont fait état d’une réunion secrète dans ce sens entre sénateurs proches de Joseph Kabila, réunion qui aurait été tenue lundi 07 février dans une résidence privée de l’ancien gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta.

Parmi les sénateurs incriminés, on mentionne Evariste Boshab, Thambwe Mwamba, Samy Badibanga et l’ancien Premier ministre Matata Ponyo, tous anciens collaborateurs de Joseph Kabila. Sans surprise, ils ont catégoriquement démenti avoir pris part à une quelconque réunion pour déstabiliser les institutions de la République.

La chasse à l’homme ?

Jeudi 10 février 2022, le député Zoé Kabila, frère biologique de Joseph Kabila et ancien gouverneur du Tanganyika, est intercepté à l’aéroport de Kinshasa et son passeport confisqué, alors qu’il voulait prendre son avion pour l’Afrique du Sud. Son passeport lui a été rendu quelques heures après, mais il n’a pas été autorisé à voyager en Afrique du Sud.

Bref, l’affaire continue à faire des vagues à Kinshasa. Le président Tshisekedi a nommé un nouveau conseiller spécial chargé de sécurité. Et le samedi 12 février, les Congolais ont assisté à une véritable démonstration de force de la garde républicaine. Près de 5000 hommes déployés dans plusieurs quartiers de la capitale Kinshasa pour « une marche d’endurance ».

Dossier à suivre…

 

Photo de Somchai Kongkamsri provenant de Pexels